Coco le singe aventureux

Coco le singe s'ennuyait à la maison parmi les autres jouets. Le cheval basculait toujours de la même manière, le petit chien racontait toujours la même histoire: " Vou- vou- vou !" et le camion de bois n'avait pas de moteur.
Coco réfléchissait. C'était difficile car il n'avait pas beaucoup de cervelle. Il devint de si méchante humeur qu'il ne prêta plus sa patte secourable aux jouets tombés par terre. Le chien de peluche et le cheval de bois ne reconnaissait plus le bon Coco.
D'abord pourquoi s'appelait-il Coco ? Ressemblait-il vraiment à une noix de coco ? C'est ce qu'on lui avait dit, mais il n'en était pas sûr. Il eut envie de courir le monde. Il en apprendrait des choses !
Il mit son chapeau panama et son petit veston rouge. Il remplit une gourde d'eau, se coupa un morceau de pain et du chocolat qu'il cacha dans une musette. Et tout doucement il s'en alla .



Enfin il vit le monde ! Des villes, des beaux châteaux, des lacs, des vignes et des vergers, des montagnes.
Les oiseaux chantaient, les ombelles blanches s'ouvraient dans l'herbe, le ciel était tout bleu. Coco se sentait heureux. Il suivit un long chemin où il ne rencontra personne.
Il arriva dans une forêt. Il avait très soif, mais l'eau des étangs n'est pas bonne à boire. Il but de sa gourde pendant qu'une grenouille étonnée le regardait.
" Où vas-tu ?" demanda-elle. "Très loin, je veux connaître le monde", répondit Coco. "A moi, mon étang me suffit !" Et la grenouille sauta dedans.
Mais derrière un buisson, il aperçut un tigre qui avait une grosse tête et des oreilles comme des touffes d'herbes sèches.

Coco eut peur. Il savait que le tigre est dangereux; plus que les autres bêtes de la forêt.
Il grimpa sur un arbre et s'endormit. Au matin, il eut grand faim. Mais il ne trouva rien dans sa musette. Pendant la nuit, les écureuils étaient venus chercher le pain et le chocolat. Il but l'eau qui lui restait dans sa gourde et descendit de l'arbre après quelques culbutes sur les branches.
Le tigre était parti. Il rencontra des ours et s'entendit très bien avec eux, surtout avec un petit ours qui lui donnait la main. Mais il avait de la peine à les suivre sur le sol. Coco préférait remonter sur les sapins, sauter de l'un à l'autre et lancer des pives sur le museau des ours.
En leur compagnie, il traversa d'immenses forêts. Les ours lui enseignèrent à se nourrir de noisettes, de fraises et de framboises, et du miel des abeilles sauvages. Ils l'emmenèrent ainsi jusque dans le Nord.
Là, ils procurèrent à Coco un joli traîneau et un chien polaire, très fort, qui courait plus vite qu'un cheval ! Coco glissa ainsi sur de grands déserts de neige. Il était content d'avoir pris son chapeau panama, car le soleil tapait dur.
Ainsi Coco le singe arriva chez le Roi des Ours. Il était tout blanc, avec une couronne d'or sur la tête, et son trône reposait sur une montagne de glace qui étincelait.

Mais Coco avait toujours vécu en Suisse, les montagnes de glace ne l'impressionnaient guère et il avait pas un très grand respect des rois. Il ne fit pas d'élégantes courbettes, à peine sut-il enlever son chapeau.
Aux questions que lui posa le Roi des Ours, il osa répondre "Les Suisses n'ont jamais voulu de roi".
Le Roi des Ours ne goûta pas du tout cet esprit républicain. Il fit enfermer le pauvre Coco dans un cachot très froid.
Le singe sombra dans la mélancolie, sa paupière devint de plus en plus lourde et son regard d'éteignit. Une bonne araignée vint à son secours et tissa sur le mur une toile si solide, qu'il put l'utiliser comme une échelle de corde.
Hissé jusqu'au soupirail, il se laissa redescendre de l'autre côté.
Mais la prison était entourée d'une mer remplie d'icebergs qui s'entrechoquaient de manière effrayante.
"Au secours !" cria-t-il.
Par bonheur le Pilote des Glaces faisait un petit tour par là avec son hélicoptère et il descendit attraper Coco.
Ils passèrent par-dessus la mer. Coco regardait. Il dit : "Voici une île où je voudrais aller !" Le Pilote des Glaces le déposa sur l'île. Ils se firent des signes d'adieu.

Mais c'était une baleine . Par chance, elle se montra de belle humeur. Coco n'était pas mal sur son dos. Il s'amusait beaucoup avec ses petites fontaines. Mais il avait perdu son chapeau, le vent soufflait très fort.
Enfin la baleine amena Coco dans un port. Là, il prit d'abord un bateau, puis un train, puis un autobus, et il arriva dans sa petite ville.
Tout avait tellement changé en son absence ! Il y avait de nouvelles rues et de grands magasins.
Il retrouva pourtant sa maison.
Il entra tout joyeux, salua le cheval à bascule, le camion de bois et le chien de peluche qui l'attendaient.
"Comme on se sent bien chez soi !" dit-il.


07/01/2010
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